MEDEF Actu-Eco de la semaine du 27 février au 2 mars

FRANCE

1.Marché de l’emploi en janvier 2012 : nouvelle hausse du chômage

2.Dépenses de consommation en janvier 2012 : deuxième mois de repli

3.Moral des ménages en février 2012 : début d’éclaircie ?

EUROPE

4.Marché interbancaire de la zone euro fin février 2012 : des signes de détente, mais un fonctionnement toujours loin d’être normal

5.Solde des transactions courantes en 2011 : déficit français, excédent allemand

INTERNATIONAL

6.Commandes de biens d’investissement aux Etats-Unis en janvier 2012 : tassement

7.Cours du pétrole début mars 2012 : niveau qui a retrouvé en euros le pic de l’été 2008

8.Tendances récentes sur les marchés

Le taux de chômage au sens du BIT pour la France métropolitaine a augmenté de 9,3% au 3ème trimestre à 9,4% de la population active au 4ème trimestre 2011. A titre indicatif : le taux de chômage des femmes (9,7%) est supérieur à celui des hommes (9,2%), celui des jeunes (22,4%) est supérieur à celui des 50 ans et plus (6,5%).

En janvier 2012, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en
catégorie A
(sans emploi a) a atteint 2 861 700 personnes, niveau le plus élevé depuis septembre 1999. Ceci représente une hausse de +13 400 (soit +0,5%), à un rythme toutefois moins important qu’au mois de décembre (+20 300). Cette hausse a concerné les hommes (+1%) et les demandeurs d’emploi de 25-49 ans (+1,1%). En revanche, le nombre de chômeurs a légèrement baissé dans les autres catégories.

En un an, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +166 500 personnes (+6,2%). Les femmes et les seniors ont été les plus pénalisés par cette hausse.

Compte tenu de la quasi-stagnation de l’activité française attendue en 2012, le marché de l’emploi ne pourra pas s’améliorer.


La consommation des ménages en biens s’est de nouveau contractée en  janvier 2012 : -0,4% (en volume) après -0,2% en décembre 2011. Cette baisse est notamment imputable au recul des achats d’automobiles (-7,6%). Ceci peut être notamment le résultat d’achats anticipés fin 2011, avant l’entrée en vigueur au 1er janvier 2012 du durcissement du bonus-malus.
Sur un an, elle s’est réduite de -2,2%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre-décembre-janvier), les achats se sont légèrement contractés par rapport aux trois mois précédents (-0,6% l’an, -2,2% sur un an). Cette contraction recouvre un repli des dépenses énergétiques (-13,4% l’an), une hausse des achats liés à l’automobile (+10,8% l’an) et de ceux en équipement du logement (+8,7% l’an).
Globalement, ces derniers chiffres confirment la lourdeur de la consommation des ménages depuis le début de l’été 2011, sans parvenir à se redresser d’un niveau proche de celui de l’hiver 2009-2010.


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est de nouveau légèrement
redressé en février 2012
, tout en restant à un niveau toujours très bas et inférieur à la moyenne des années 2000-2011.

Ce léger mieux de la confiance des ménages, en février, résulte du redressement des indicateurs concernant les perspectives sur leur situation financière personnelle et celles sur le niveau de vie en France, il est vrai à partir de niveaux très bas. Par ailleurs, l’indicateur sur les anticipations de chômage ne remonte plus depuis deux mois.


Après plusieurs mois de tensions, l’Euribor* à trois mois a retrouvé le niveau du taux d’appel d’offres de la BCE (1%), indiquant que la méfiance des banques entre elles se réduit.

*L’EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate) : taux de référence sur le marché interbancaire de la zone euro.

Par ailleurs, l’Eonia** se maintient autour de 0,4%, niveau très inférieur au taux d’appel d’offres de la BCE, signe  de l’abondance des liquidités disponibles sur le marché.
Autres signes de ce début de détente, les taux de la dette espagnole et de la dette italienne notamment se replient.

**L’EONIA (Euro Overnight Index Average) : taux d’intérêt au jour le jour des échanges entre banques.

Il reste que le marché interbancaire est loin d’avoir retrouvé un fonctionnement
normal
. Preuve en est le niveau record des dépôts des banques de la zone euro auprès de la Banque Centrale Européenne (511 milliards d’euros le 3 février 2012). Ils se sont quelque peu réduits depuis, tout en restant très proches des 500 milliards d’euros.

Ceci a eu lieu, malgré l’opération de refinancement des banques de la zone euro par la BCE le 21 décembre dernier (489 milliards de dollars). C’était une décision essentielle au problème de solvabilité des banques. Néanmoins, ces dernières ont redéposé une partie de ces liquidités auprès de la BCE, pour se prémunir contre le risque de pénuries. En tout cas, cette initiative de la BCE fut décisive pour éloigner le risque de « credit-crunch » redouté par beaucoup.

Reste à savoir si la nouvelle opération de refinancement décidée par la BCE le 29  février dernier (530 milliards d’euros), aux mêmes conditions que celles du 21 décembre (prêts à trois ans rémunérés à 1%), permettra au marché interbancaire de retrouver progressivement un fonctionnement plus normal.


Depuis la création de la zone euro, les soldes des transactions courantes (échanges de biens et services) de l’Allemagne et de la France ont suivi des trajectoires diamétralement opposées. Le solde courant français, qui était excédentaire en 1999 et représentait +43 milliards d’euros (+3,1% du PIB), est déficitaire depuis 2005 pour atteindre -44,5 milliards d’euros en 2011 (-2,2% du PIB). A contrario, la balance courante allemande, qui était déficitaire de -25,2 milliards d’euros en 1999 (-1,3% du PIB), est devenue équilibrée en 2001, pour dégager depuis, un excédent (+134,6 milliards d’euros en 2011 soit +5,2% du PIB).

Ces évolutions s’expliquent pour l’essentiel par celles des balances
commerciales, elles-mêmes largement tributaires des échanges industriels
. Ainsi, en 2011, la France a enregistré un déficit commercial de -70 milliards d’euros alors que l’Allemagne a dégagé un excédent commercial de +153 milliards d’euros.

Ces chiffres illustrent bien le caractère dual de la zone euro : d’un côté, les pays du Nord (Allemagne, Pays-Bas) très excédentaires, de l’autre, les pays du Sud (Italie, Espagne, France)  très déficitaires, même si c’est avec des intensités différentes.


Les commandes en biens d’investissement manufacturés (hors matériel militaire et aéronautique) américaines se sont contractées en dollars courants de -4,5% en janvier 2012, baisse faisant plus qu’annuler la hausse enregistrée en décembre (+3,4%). Sur un an, elles ont augmenté de +5,9%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre-décembre-janvier), les commandes de biens d’investissement ont marqué le pas (-0,9% par rapport aux trois mois précédents, après +1,6% en août-septembre-octobre et +3,9% en mai-juin-juillet). Elles restent néanmoins à leur niveau élevé de l’été 2008.
Cette inflexion des commandes, si elle devait se poursuivre, ne pourrait que fragiliser la reprise conjoncturelle que connaissent actuellement les Etats-Unis. Toutefois, au vu des données les plus récentes, l’investissement des entreprises américaines reste dynamique, favorisé par un niveau élevé de leurs marges.


Le prix du pétrole continue de se tendre pour dépasser 124 dollars le baril de
Brent
au début de la semaine, retrouvant ainsi son niveau de début mai 2011. Entre le 2 janvier  et le 1er mars 2012, il s’est accru de 13,8% (+60% en deux ans).

En euros, la hausse a été légèrement moins forte (+10,6%), compte tenu de l’appréciation de +2,9% de l’euro par rapport au dollar au cours de la même période. Le prix du baril de Brent a dépassé son niveau de l’été 2008 le 27 février, à 92,8 euros.

Depuis ce pic de la fin février, le prix du pétrole s’est légèrement replié, mais ce recul ne saurait remettre en cause la tendance à la hausse, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs :

  • les besoins croissants des pays émergents ;
  • le raffermissement de la demande des pays développés qui arrêtent leurs centrales nucléaires ;
  • les tensions géopolitiques au Moyen-Orient (Libye, Iran, etc.).

Conséquence de ce nouveau choc pétrolier, les prix du carburant ne cessent d’augmenter : le super sans plomb 95 avait atteint, le 24 février, 1,60 euro le litre (+4,8% par rapport au début de l’année 2012), niveau historique. A 1,44 euros le litre (+3%), le prix du gazole est proche de son pic de 2008. Il est à craindre que le mouvement se poursuive étant donné que rien ne laisse envisager une remontée significative et durable de l’euro permettant de limiter l’impact de la hausse des cours du pétrole sur les prix des produits finis.



Télécharger le pdf